Je remarque que les investisseurs privés, que ce soit ceux que je conseille depuis dix ans ou la majorité d’entre eux, sont restés globalement sereins face à la crise boursière de l’été. Une crise durant laquelle l’indice sur-médiatisé du CAC 40 a, tout de même, décroché de 16 % en quelques jours.
Le mois de mai 2006 durant lequel les marchés avaient connu une baisse brutale de 13% avait d’avantage provoqué l’inquiétude, que cela soit justifié ou non. Souvenons nous qu’il s’agissait aussi, comme ce fut dit sur ce blog, d’une prise des bénéfices entraînant une baisse mécanique.
La baisse régulière des marchés entre 2000 et 2003 a, jusqu’à aujourd’hui, laissé des traces dans les mémoires. Souvenons nous que le marché avait connu en trois ans une baisse de 50%, soit la crise boursière la plus marquante depuis 1929 et sa terrible récession économique. Le court rebond de 2001 avait même été perturbé par le choc du 11 septembre entretenant ainsi la baisse continue. Cette baisse sur trois ans avait été d’autant plus marquante qu’elle intervenait après dix-sept ans de hausse ininterrompue...
Cette année, la torpeur estivale de l’été est une des explications à l’absence de réactions des investisseurs.
En deuxième lieu, je suis également certain que les investisseurs sont aujourd’hui mieux informés, mieux éprouvés aux mécanismes boursiers. Les medias ont peut être mal ou pas assez expliqué le phénomène des « subprime » et ses éventuelles conséquences. Les investisseurs ont tout de même perçu que la crise des créances hypothécaires irrécouvrables, des ménages américains modestes, n’aurait pas ou peu d’impact sur les marchés boursiers.
Par ailleurs, les bonnes nouvelles, en fin de semestre, sur les valeurs des marchés, la perspective d’une croissance mondiale soutenue étaient là pour rasséréner.
Reste encore une troisième explication d’ordre structurelle à ce calme apparent. J’observe depuis dix ans, qu’un nombre important d’investisseurs a été traumatisé par la crise des années 2000-2003. Certains ne sont jamais revenus sur ces marchés… Ceci, il faut le préciser, malgré une multiplication par 2,6 des cours ces trois dernières années.
Ceux qui sont restés sont les plus avertis et les plus aguerris à la volatilité des marchés. Mars 2004, octobre 2005, mai 2006, août 2007 ne les ont pas vu réagir à outrance. Certains d’entre eux, j’en témoigne, en ont même profité pour acheter tant que l’on était dans une micro-période de baisse.
Pour poursuivre cette explication d’ordre structurelle, il faut également compter sur l’évolution de la constitution des patrimoines que la bourse impacte moins qu’auparavant. Les allocations d’actifs font aujourd’hui la part belle aux éléments non financiers : que l’on pense aux OPCVM (Organisme de Placement Commun en Valeurs Mobilières). Ceux-ci sont souvent constitués de valeurs immobilières. On les rencontre, par ailleurs, très fréquemment dans les contrats d’assurance-vie multisupport.
Ainsi, les clients investis en fonds n’ont connu cet été qu’une baisse limitée à 2% ou 3%, alors que certains profils dégageaient même une « marge positive ». Ceci, pendant que le CAC 40 décrochait de 16% à la baisse...
Il est vrai également que les conseillers professionnels, échaudés par « les coups de tabac » passés sont devenus méfiants et tempèrent les témérités de leurs clients. La crise des années 2000-2003 et les affaires médiatisés, comme celle du contrat Benefic de La Poste, ont laissé tous les professionnels perplexes sinon prudents.
L’application de la directive MIF renforce aussi la prudence de tous.
Autre explication secondaire : suite à la crise de l’été, les autorités monétaires, BCE et FED confondues, sont intervenues en force pour limiter la casse ; ce qui a contribué à ramener le calme chez les prétendants à une éventuelle panique.
Certaines banques européennes y laisseront cependant quelques plumes. On a pris aussi conscience que l’immobilier représente un marché à risque dont la phase de hausse semble bel et bien terminée.
Xavier ALGRET
dimanche 7 octobre 2007
La crise des "subprime" et ses conséquences pour les investisseurs privés
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