vendredi 18 mai 2007

Ce que je sais des retraites et de ce qu'il faut faire...

Que le système de retraite traditionnel par répartition ne soit pas au mieux, c'est une vérité connue de tous. Depuis dix ans, mes activités d'assureur collectif, de conseil en gestion privée, de militant associatif m'ont donné l'occasion de suivre et de comprendre techniquement cette actualité récurrente.
Les accords ARRCO de 1993, AGIRC de 1994, ARRCO-AGIRC de 1996, la Réforme Balladur de 1994, la Réforme Fillon de 2003 ont engagé des efforts, qui déroutent le conformisme français, mais qui sont indispensables à cet enjeu de civilisation. Les plus pessimistes pensent même que le suicide de l'Europe est partiellement en cours. Il s'opère en douceur et se révèle dans la baisse de la natalité et le vieillissement, la perte du sens le plus élémentaire de la continuité entre les générations, la perte du sens de l'histoire sans lequel il ne peut y avoir de conscience identitaire de la vision du futur.
En 1995, Alain Juppé voulu réformer les régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF-GDF, Caisse nationale Militaire de Sécurité Sociale, Fonds de Sécurité Sociale de l'Assemblée Nationale, Banque de France, Chambre de commerce de Paris...). Il s'ensuivit les grèves, la dissolution de 1997 et la cohabitation.
Il faut reconnaître à Jean-Pierre RAFFARIN, Dominique-Jean CHERTIER et au ferrailleur François FILLON d'avoir réussi en partie, en 2003, la réforme public/privé (hors régimes spéciaux toujours). Mais, cette réforme ne permettra de réduire que d'environ un tiers le déficit et encore avec un taux de chômage de 4,5 % !
Le tempérament du nouveau président ne sera pas de trop dans cette bataille improbable.
Au premier trimestre de cette année, une étude de l'ARRCO et de l'AGIRC (elles-mêmes) diagnostiquent que les retraites complémentaires vont baisser : les différentes baisses de rendement décidées depuis dix ans par les organismes complémentaires ont conduit à une diminution régulière des droits acquis par les salariés. Pour exemple, les retraites complémentaires ARRCO et AGIRC liquidées en 2030 (génération née de 1965-66) seront respectivement inférieures de 30 % et 24 %.
Je ne parle pas ici, bien sûr, des soucis à se faire avec les régimes de base (SECU, ORGANIC, CANCAVA, MSA, CNAVPL...). Ne conjuguons pas tous les vertiges à la fois.
Avec humour, on pourrait dire qu'il faut arrêter de regarder son porte-monnaie et son petit confort et, faire des enfants ; mettre enfin sa peau au bout de ses convictions, si on a des convictions bien sûr. Dans le cas contraire, cette génération de 1965-66 et à plus forte raison les suivantes n'auront plus à regarder leur porte-monnaie ; elles n'en auront plus, tant les actifs en auront assez de payer pour eux dans le cadre d'une solidarité inter-génération disqualifiée.
A toi, Phil, pourtant fonctionnaire, non propriétaire, bravo pour ces sept enfants, bientôt huit, alors que tu vis dangereusement en banlieue difficile.

Il faut souhaiter que ce gouvernement saura agir mais être soi-même convaincu de la nécessité de souscrire un contrat retraite... Au cas où... Juste par prudence...

Xavier